Voici près de 20 ans à leur demande, je formais Gaël Vives et Franck Brault à mes concepts.
Tous deux travaillaient de concert à l'école de Trévron(22).
J'intervenais dans leurs classes.
Le long du parking de l'école, ils avaient demandé à un entrepreneur d'apporter de la terre de déblais.
Ensemble, en compagnie des deux classes, nous avons planté ce talus de 40m de long.
Les écoliers étaient alignés de chaque coté, ce qui nous facilitait l'organisation.  
Depuis Gaël vient tous les ans prendre des plants et des fruits à la chapelle de l'iff.
Sylvie Dadure dans l'Orne pour les maternelles et lui pour les primaires ont joué le rôle de "professeur des écoles pilotes".
Tous deux continuent à enseigner nos systèmes.
Voici leurs témoignages
Emmanuel Rolland


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Je vais juste essayer de vous résumer pourquoi j’utilise « le petit jardin des écoliers » en classe depuis une vingtaine d’années (avec les conseils de Manu et sa présence pour des opérations originales: former et planter un talus, planter des fruitiers sur la butte à Plélan, greffer des pommiers…)
Découvrir que des plantes nous nourrissent, nous habillent, que certaines nous parfument, que d’autres nous soignent… étudier les plantes c’est passionnant pour les élèves: un légume par exemple c’est si commun, mais tellement mystérieux: cultiver la Pomme de Terre, la Tomate ou le Radis interpel-le les élèves .

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Connaître leurs histoires, des origines à l’arrivée dans nos assiettes les intéressent toujours.
Élever des plantes en système c’est simple et efficace: avec la réserve d’eau et le paillage minéral, l’entretien est simple et vraiment léger: les plantes résistent sans problème à 15 jours de vacances, et ça, en classe… c’est important!
Les systèmes en classe permettent de mettre en place une démarche scientifique à peu de frais: les élèves observent, mesurent, comptent, formulent des hypothèses qu’on expérimente…
On en tire des conclusions, un élève de 8/10 ans construit des connaissances en Sciences et aborde simplement la com-plexité du Vivant.

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C’est aussi un des ateliers ou chacun peut aller une fois son travail terminé… et c’est souvent le plus fréquenté!
Quant à ramener des plantes à la maison, c’est toujours apprécié, cela permet des échanges avec les parents, grand-parents, voisins… Les systèmes sont aussi très intéressants quand l’école possède un jardin: les semis, les boutures, les stolons, les marcottes sont repiqués dans le jardin…
En général, sur une année, les élèves peuvent étudier plusieurs techniques de reproduction du vé-gétal, et même la greffe sur pommier (avec « les Mordus de la Pomme »).
Chaque année les élèves de ma classe(CE1, CE2, CM1 ou CM2) apprennent à des élèves de Maternelle à réaliser boutures, semis… ce tutorat apprend beaucoup aux grands, aux petits… et aux enseignants!!!
Enfin, je ne vais pas vous faire une liste de toutes les possibilités, techniques, actions ou plantes que l’on peut travailler avec les systèmes… mais cela fait des années que j’espère avoir une serre dans une école … car avoir un endroit lumineux, sec, ou on peut laisser la terre, les outils… ou il y a des tables, des étagères, une table à rempoter, franchement, c’est le top!!!
Je souhaite aux enfants de l’école de Languédias de l’utiliser pleinement, et d’entrouvrir une porte sur la démarche scientifique et le monde du végétal…

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Ils se rendront comptent que les plantes n’ont pas besoin de nous… alors que nous, sans elles, nous ne pourrions pas vivre…
Ils réfléchiront aux interactions entre le végétal et l’animal... et découvriront que protéger des insectes est vital pour demain… et, partant du jardinage, ils s’éduqueront à l’environnement…. 

Gaël VIVES, professeur des écoles


 

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Les « systèmes » m'ont permis d'apporter le jardin dans la classe, et cela change tout !
Les enfants ont sans arrêt le nez dessus et suivent les évolutions des plantes au jour le jour.
Ils discutent, comparent, mesurent presque celui qui aura le plus grand arbre, s'interrogent, invitent ,dés l'ouverture de l'école,leurs parents à venir mettre aussi le nez dessus, expliquent à ceux qui ne savent pas, émettent des hypothèses, rêvent de faire pousser des arbres à bonbons ou à jouets, apprennent le temps long parfois de la nature, s'enthousiasment devant la magie du vivant : le langage est très riche et passionné.

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Et cela est déjà formidable en maternelle. Le vocabulaire s'enrichit vraiment grâce à ce travail.
Ils font des expériences avec ces systèmes que l'on peut déplacer à volonté, placer dans différents endroits de la classe (dans le noir, en pleine lumière, etc.)
Ils finissent même par utiliser le mot de « photosynthèse » !
Cet intérêt pour les plantes et tout ce qui tourne autour se poursuit au-delà de la classe, puisque les petits apprennent la reproduction végétative que leurs grands-parents pratiquaient pour la plupart étant jeunes : des ponts se créent à nouveau entre deux générations grâce au jardin dans « les systèmes ».
Les parents sont obligés de planter et de faire aussi des expériences à domicile, poussés par leurs enfants qui deviennent des vrais « mordus » de jardinage.

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Ils ouvrent petit à petit leurs yeux sur le monde qui les entoure, apprennent le connaître, à ne plus en avoir peur et à faire partie de ce tout que l'on appelle la nature.
Aujourd'hui je ne suis plus enseignante dans l'éducation nationale, mais j'utilise toujours ces systèmes soit pour mes boutures et plantations personnelles soit pour continuer à travailler avec les enfants dans différentes animations que mon mari « Olivier » et moi proposons en tant qu'association « 
le petit jardin des écoliers 61 » dans notre département de l'Orne.

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La magie est toujours là, les yeux des enfants sont toujours aussi émerveillés devant un arbre qui a poussé à la suite de la plantation d'un noyau, d'un gland, d'une châtaigne, d'un pépin, etc.
Depuis que nous connaissons cet outil économique et pédagogique qu'est le système inventé par Emmanuel Rolland, nous avons réussi à faire pousser plus d'une centaine d'arbres de toutes variétés.
Et tout cela grâce à ce petit système qui permet vraiment d'acquérir des connaissances par l'expérience ; les enfants en redemandent !

Sylvie Dadure, enseignante retraitée